« Rassemblement des écologistes et de la gauche » – Clothilde OLLIER

Prévoyez-vous de réduire l’usage du jetable (en particulier le plastique) par arrêté municipal ?

« OUI. Outre la communication générale auprès des citoyen-ne-s sur la réduction de l’utilisation des plastiques à usage unique, nécessaire pour participer à la réduction de ces déchets, nous nous engageons à imposer, pour chaque événement
Populaire organisé dans un cadre public (festival, soirées festives, concert…) faisant l’objet d’un cahier des charges, les prescriptions nécessaires pour que l’utilisation des plastiques à usage unique tels que gobelets, assiettes, couverts etc…,
Soit proscrite et que ceux-ci soit remplacés par des ustensiles réutilisables ou si ce n’est pas possible, recyclables dans les meilleures conditions possibles comme le carton par exemple. »

Prévoyez-vous de soutenir les dispositifs de consigne en vue de la réutilisation d’emballages? 

« OUI. Pour que les choses soient parfaitement claires, nous sommes totalement opposés à la «  »fausse » » consigne des bouteilles plastique telle qu’elle est préparée par le gouvernement, qui ne fera que détourner un flux de bouteilles recyclables
Collecté par les collectivités dans le cadre de la collecte sélective et qui fera finalement payer cette nouvelle collecte à l’ensemble des consommateurs qui ne rapporteront pas ces bouteilles dans les futures «  »machines à collecter privées » ».
En revanche, nous porterons, dès notre arrivée à la Municipalité, notre projet de mise en place d’une vraie consigne pour les bouteilles en verre en recherchant tous les partenariats possibles avec des associations et des acteurs privés
(embouteilleurs, artisans, commerçants) afin de transformer réellement un flux de déchets en flux de produits facilement réutilisable dans un circuit de production (après simple lavage) et ainsi réduire à la fois le coût de collecte du verre «  »brisé » »
(calcin) et le coût environnemental de sa réintroduction dans le circuit de production des bouteilles en verre. »

Prévoyez-vous de renforcer la politique en matière d’incivilités au sujet des déchets (mégots, emballages, décharges sauvages, propreté aux alentours des chantiers etc) ?7

« OUI. Ce point aborde plusieurs questions à la fois distinctes et croisées :
L’incivilité est une question en soit, qui nécessite en effet beaucoup de communication, voire un part de répression lorsque certaines entreprises peuvent être prises en flagrant délit de dépôt sauvage de déchets en pleine nature par exemple. Mais
Cela ne suffit pas. Nous ne pouvons pas incriminer les citoyen-ne-s et punir, si nous ne leur donnons pas les moyens de respecter notre environnement.
Par conséquent, il sera de notre responsabilité, dès notre arrivée à la mairie (plus précisément à la métropole puisqu’il s’agit d’une compétence métropolitaine) de revoir en profondeur les conditions du marché de nettoiement. L’objectif sera
D’augmenter les fréquences de passage partout, pas uniquement en centre-ville, mais cela est effectivement nécessaire aussi. Montpellier fait, comme de nombreuses communes en France et depuis des années, des économies sur
L’environnement et sur la qualité de vie de ces habitants. Ce n’est plus tolérable, les Montpellérain-ne-s ne doivent plus accepter cela et ne plus confier leur environnement à tous ceux qui n’ont jamais agi dans le bon sens et n’ont pas la volonté
D’améliorer leur situation.
Par ailleurs, chaque Montpelliérain-ne mais aussi chaque touriste de passage à Montpellier a déjà pu constater le manque de poubelles de tri sélective (compartimentées pour le verre (vert), le papier et les emballages (jaune) et les résiduels (gris)
Partout en ville. Nous ferons très rapidement un inventaire des besoins de ces moyens de collecte publics pour en améliorer la présence partout mais en particulier dans les rues fréquentées par les piétons.
Ces équipements seront également accompagnés du développement de moyens de collecte innovants tels que les bornes à mégots ou encore la distribution de sachets de collecte à mégots par les commerces du centre-ville, afin de permettre à
Chacun-e de jeter son déchet de manière citoyenne et respectueuse de l’environnement. »

Envisagez-vous de faciliter l’accès et l’utilisation de composteurs individuels et collectifs ?

« OUI. Il est nécessaire de relancer un grand plan de développement du compostage individuel mais aussi collectif (de quartier ou bas d’immeuble) en liaison si possible avec la mise en place de jardins partagés. Durant quelques années au début du 21e Siècle, la quantité de déchets produites individuellement a baissé (d’environ 10% en 10 ans) mais depuis 2010, elle a cessé de diminuer. Il nous faut donc collectivement relancer un grand plan de prévention et de réduction des déchets sur la Métropole de Montpellier. LE compostage individuel et collectif est un outil essentiel pour y parvenir. »

Envisagez-vous de généraliser la collecte séparée des biodéchets sur l’ensemble de la commune ?

« Oui bien entendu. Tout d’abord parce que la Loi sur la Transition Énergétique de juillet 2015 rend obligatoire de proposer une solution à chaque habitant pour collecter et valoriser ses biodéchets, mais aussi parce que ce flux représente près
De 40% du tonnage d’ordures ménagères résiduelles. La valorisation de ces biodéchets est essentielle pour répondre aux objectifs de 65% de taux de valorisation matière et organique d’ici 2025, fixés par cette loi de transition énergétique.
La métropole de Montpellier est extrêmement en retard aujourd’hui avec un taux de valorisation proche de 40% seulement. Pire, depuis la fermeture de l’installation de stockage de Castries en décembre 2019, c’est près de 6700 tonnes
De déchets par mois (environ 80 000 tonnes par an) qui sont chargées dans des camions pour parcourir 200 ou 300 km pour être enfouies ou incinérées dans des départements plus ou moins éloignés. Aucune vision politique de la part
Du maire actuel sur cette question, ce qui amène à une situation absurde. »

Avez-vous prévu de mettre en place la tarification incitative sur la commune ?

« OUI. La tarification incitative est également un outil indispensable aujourd’hui dans l’arsenal des moyens de prévention des déchets à mettre en œuvre pour réduire à la source la production de déchets. Les moyens techniques ainsi que les
modalités précises de calcul de cette tarification seront précisées après étude mais le plus rapidement possible. Nous serons très attentifs à ces modalités car nous savons que pour être bien acceptée, celle-ci doit à la fois
Inciter à la réduire la production de déchets mais aussi être socialement juste et ne pas pénaliser les plus précaires. C’est cela une écologie sociale et populaire, que nous revendiquons de gauche. »

Envisagez-vous d’œuvrer pour la réduction du gaspillage alimentaire dans la restauration collective (cantines / restaurants..) ?

« OUI. Le gaspillage alimentaire est une des principales causes de production de biodéchets. La loi contraint actuellement les grandes surfaces à faire reprendre leurs invendus, ce qui n’est pas encore toujours bien fait. Pour les commerces de
bouche, les restaurants ou autres lieux de distribution alimentaire, la loi de juillet 2010 imposant le tri à la source des biodéchets pour les « gros producteurs » (IAA, restaurants, commerces, marchés…) a été étendue en 2017 à tous les
Producteurs quel que soit le tonnage produit.
Mais pour aller plus loin et limiter la quantité de déchets produits, il faut que notre société entière agisse pour réduire la part d’aliments gaspillés. D’après les chiffres officiels de la FAO, entre 40% et 50% des produits alimentaires et agricoles
Sont jetés, sans avoir été consommés, de leur production à la distribution. C’est une gabegie qu’il est impératif de réduire.
Nous nous engageons à participer et à aider toutes les actions qui permettront de récupérer les produits encore consommables avant qu’ils ne soient jetés pour les remettre dans des circuits de distribution courts permettant d’aider des
Populations en difficultés dans des dispositifs tels que les épiceries solidaires par exemple mais aussi toute association qui œuvrera en ce sens.
Par ailleurs, nous mettrons en place, après un état des lieux, les dispositions nécessaires à la réduction du gaspillage alimentaire dans tous les établissements administratifs et les cantines scolaires dépendant de la mairie et de la métropole. »

Envisagez-vous d’œuvrer pour le respect du tri (particulier, espace public, restauration collective, entreprises)?

« OUI. L’extension du tri sélectifs des emballages à tous les emballages plastique pour les particuliers est une avancée importante pour le recyclage. Il nous faut nous appuyer sur cette nouvelle façon de trier, plus simple et plus responsable, pour
Relancer un plan de communication fort et améliorer les ratios de tri des recyclables sur Montpellier et la Métropole. En effet, à ce jour, encore la moitié environ des papiers et des emballages n’est pas collectée dans la bonne poubelle (jaune)
Et finit dans les déchets résiduels. Nous nous donnons l’objectif de réduire d’au moins 50% la présence des recyclables dans les déchets résiduels sur le premier mandat, d’ici 2026.
Nous ne reviendrons pas sur la propreté de l’espace public (voir la question plus haut).
Concernant le tri sélectif pour les papiers, les emballages, mais aussi les biodéchets, nous relancerons le dispositif de la redevance spéciale (obligatoire et mise en œuvre) pour inciter davantage les entreprises, quel que soit leur secteur
D’activité, à mieux trier. »

Avez-vous prévu de subventionner des missions pour la prévention et la sensibilisation à la réduction des déchets au sein de la ville, d’une association ou d’une entreprise d’intérêt général ?

« OUI. La communication et la sensibilisation, qu’elle soit générale, adressée à l’ensemble de la population, ou bien ciblée par exemple auprès des scolaires (écoles et collèges principalement) est un instrument essentiel intégré dans tout
Programme Local de Prévention des Déchets. Dans le but d’être le plus efficace possible et d’atteindre un maximum de citoyen-ne-s, toutes les associations ou entreprise d’intérêt général qui peuvent être parties prenantes de ces actions
de sensibilisation et de communication, doivent être associées à ce programme. La créativité et l’inventivité des citoyen-ne-s engagé-e-s dans ces organisations sont très précieuses et nous devons nous appuyer sur ce qui existe et
Qui fonctionne pour avancer. »

Avez-vous prévu de sensibiliser les citoyens à l’usage de textiles lavables et réutilisables (par ex. mouchoirs, couches lavables et protections hygiéniques) et sous quelle modalité ?

« OUI :  Prêt de kit d’essai / Travail avec les crèches municipales /  Campagne de sensibilisation/

Les modalités seront bien entendues précisées ultérieurement, dans le cadre du Programme de Prévention. Les associations déjà présentes sur le terrain, telles que Zero Waste » doivent être associées à des actions d’expérimentation et de diffusion d’informations auprès des populations qui souhaitent s’impliquer pour leur environnement. »

Quelle actions comptez-vous mettre en place pour développer le réemploi des objets sur votre commune ?

« Tout d’abord, il est nécessaire de faire le constat que le réseau des 20 déchèteries sur la métropole, même s’il a pour partie été rénové, n’est plus suffisant et adapté pour améliorer la collecte et la valorisation des déchets de gros calibres
Qu’il est censé collecter. Par conséquent, dans le cadre d’un état des lieux qui doit être fait sur ce réseau, nous devrons proposer l’adaptation et la création de nouvelles installations permettant à la fois de collecter davantage de flux de
Déchets, par exemple dans le cadre des filières REP (mobilier, DEEE, déchets dangereux…) mais aussi de collecter des objets encore utilisables ou pouvant être réparés, dans le but d’être redistribués gratuitement ou contre une rétribution
Minimale.
Des associations et réseaux locaux existants déjà pour cette activité, nous nous appuierons bien évidemment sur eux afin d’employer toutes les énergies utilement dans la même direction. »

EXPRESSION LIBRE

« Au début du nouveau millénaire, la ville de San Fransisco s’est donné pour objectif le Zéro Déchet : ne plus enfouir ou incinérer 1 tonne de déchets d’ici à 2020. En près de 20 ans, cette grande agglomération de 900 000 habitants a
Fortement réduit sa quantité de déchets enfouie (en installation de stockage réglementée). Aujourd’hui, c’est environ 20% de déchets résiduels qui sont enfouies chaque année, soit encore un peu plus de 100 000 tonnes par an. A ce jour,
Montpellier Métropole, comme dit plus haut, envoie environ 80 000 t/an de déchets sur les routes dans des départements voisins, en plus de 40 000 t/an déjà envoyées à l’incinérateur de Lunel-Viel. C’est donc environ 120 000 tonnes par an
(hors inertes, gravats) qui sont soit enfouies soit incinérées, pas loin de la moitié de sa production de déchets.
Le défi du Zero Waste à Montpellier que nous relèverons sera de faire mieux que San Fransisco, et nous en sommes tous capables. En commençant par réduire la production de déchets à la source, en améliorant le tri à la source des
Recyclables et des biodéchets et en améliorant les filières de valorisation. Pour réaliser ce défi, toute la population montpelliéraine devra prendre sa part, mais c’est ce genre de défi qui doit contribuer à remettre une société sur les rails,
Dans un esprit de solidarité et pour envisager un avenir commun dans un environnement meilleur pour tout un chacun. »